FAQ TVA France pour Non-Résidents : 30 Questions Essentielles

Obligations · Immatriculation · Déclarations · Remboursements · Sanctions — Les réponses complètes de nos experts

💡 À propos de cette FAQ : 30 questions/réponses rédigées par Jean-Marc Ferretti, expert en fiscalité internationale avec 22 ans d'expérience, ancien fonctionnaire DINR. Cette FAQ couvre l'ensemble du régime TVA applicable aux entreprises non établies en France. Pour un accompagnement personnalisé, contactez-nous au +33 1 84 80 00 12.

La TVA française constitue souvent le premier défi de conformité fiscale pour les entreprises étrangères qui démarrent une activité sur le marché français. Cette FAQ de 30 questions répond aux interrogations les plus fréquentes, des obligations fondamentales jusqu'aux procédures de régularisation. Consultez également notre page principale TVA non-résident France pour une vue d'ensemble.

Obligations générales TVA

Toute entreprise étrangère — qu'elle soit établie dans l'UE ou hors UE — qui réalise des opérations imposables sur le territoire français est soumise à la TVA française. Il s'agit notamment des livraisons de biens localisées en France, des prestations de services dont le lieu d'imposition est la France (règles B2B et B2C), des importations de marchandises en France, et des acquisitions intracommunautaires. La nationalité ou le siège de l'entreprise ne détermine pas l'assujettissement : c'est le lieu de l'opération qui prime.

Le SIEE (Service des Impôts des Entreprises Étrangères) est le service spécialisé de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) compétent pour gérer les obligations TVA des entreprises étrangères établies dans l'Union européenne. Il est situé à Paris et traite les immatriculations TVA, les déclarations et les remboursements pour les sociétés UE. Pour les sociétés hors UE, l'interlocuteur est la DINR (Direction des Impôts des Non-Résidents). Le SIEE est accessible par courrier (10 rue du Centre, TSA 20011, 93465 Noisy-le-Grand Cedex) et via le portail impots.gouv.fr.

Oui, absolument. L'absence d'établissement stable en France n'exonère pas une entreprise étrangère de ses obligations TVA françaises. La TVA est un impôt sur la consommation localisé là où l'opération est réalisée. Ainsi, une société américaine qui stocke des marchandises en France et les vend à des acheteurs français est soumise à la TVA française, même si elle n'a ni bureau, ni salarié, ni autre présence physique en France. L'établissement stable est une notion de droit fiscal direct (impôt sur les sociétés) indépendante du régime TVA.

Une opération imposable à la TVA en France est une livraison de biens ou une prestation de services effectuée à titre onéreux par un assujetti, dont le lieu d'imposition est localisé en France selon les règles du Code Général des Impôts (CGI, art. 256 et suivants). Pour les biens, le lieu d'imposition est généralement l'endroit où ils se trouvent au moment de la livraison. Pour les services B2B, c'est en général le lieu d'établissement du preneur (autoliquidation). Les importations de biens en France depuis un pays tiers sont également imposables à la TVA à l'importation.

Non. La franchise en base de TVA (régime applicable aux micro-entreprises françaises sous certains seuils de chiffre d'affaires) ne s'applique pas aux entreprises étrangères non établies en France. Dès qu'une entreprise étrangère réalise une opération imposable en France, elle doit collecter et reverser la TVA au taux applicable, quelle que soit la valeur de l'opération. Il n'existe pas de seuil minimal d'exonération pour les non-résidents, hormis les régimes spécifiques liés à l'OSS pour les ventes B2C intracommunautaires.

L'assujetti est toute personne qui exerce une activité économique de façon indépendante, quelle que soit sa nationalité ou son lieu d'établissement. Être assujetti signifie entrer dans le champ de la TVA. Le redevable, en revanche, est la personne qui doit effectivement collecter et reverser la TVA à l'administration. En règle générale, l'assujetti est aussi redevable. Mais dans le mécanisme de l'autoliquidation (reverse charge), c'est le preneur assujetti — et non le prestataire étranger — qui devient redevable de la TVA due sur la prestation. Cette distinction est fondamentale pour les opérations B2B transfrontalières.

Immatriculation TVA

Pour obtenir un numéro de TVA intracommunautaire français, une entreprise étrangère doit déposer un dossier d'immatriculation auprès du SIEE (pour les sociétés UE) ou de la DINR (pour les sociétés hors UE). Ce dossier comprend les statuts de la société, un extrait de registre de commerce traduit, les pièces d'identité des dirigeants, et, pour les entreprises hors UE, le mandat de représentation fiscale signé. Fiscal Partner prend en charge l'intégralité de cette procédure pour ses clients. Consultez notre guide complet sur la TVA pour non-résidents.

Le délai officiel annoncé par l'administration est de 30 jours. En pratique, les délais varient : 2 à 4 semaines pour les sociétés UE traitées par le SIEE, 3 à 8 semaines pour les sociétés hors UE traitées par la DINR, et jusqu'à 12 semaines pour les dossiers complexes (sociétés chinoises, pays sans accord fiscal avec la France). Un dossier complet et correctement constitué réduit significativement ces délais. Notre équipe accomplit cette démarche pour vous avec un maximum de réactivité.

Les documents généralement exigés sont : (1) un extrait du registre du commerce ou équivalent légalisé/apostillé et traduit en français, (2) les statuts de la société, (3) une copie de la pièce d'identité du représentant légal, (4) un justificatif d'activité en France (contrat, bon de commande…), (5) pour les sociétés hors UE : le mandat de représentation fiscale signé entre l'entreprise et son représentant accrédité. Chaque pays d'origine peut entraîner des exigences spécifiques. Notre équipe vous prépare un dossier parfaitement adapté.

Non. En France, une entité juridique ne peut posséder qu'un seul numéro de TVA intracommunautaire. Ce numéro est attribué une fois et reste actif tant que l'entreprise exerce des activités imposables en France. En revanche, si un groupe international a plusieurs filiales distinctes, chacune constitue une entité juridique autonome et obtiendra son propre numéro de TVA. Contrairement à d'autres pays, la France ne pratique pas le regroupement TVA (TVA group) pour les entités liées non établies en France.

Non. Le simple fait de s'immatriculer à la TVA en France ne crée pas d'établissement stable au sens du droit fiscal international (conventions fiscales bilatérales) ni au sens de l'impôt sur les sociétés. L'immatriculation TVA est une obligation administrative liée aux opérations imposables en France ; elle est sans effet sur les obligations liées à l'IS. Une société étrangère immatriculée à la TVA en France n'est pas soumise à l'impôt sur les sociétés français si elle n'a pas d'établissement stable (bureau, agent, installation fixe d'affaires) sur le territoire.

La validation d'un numéro de TVA intracommunautaire français peut se faire via le système VIES (VAT Information Exchange System) de la Commission européenne, accessible librement à l'adresse ec.europa.eu/taxation_customs/vies. Ce système interroge en temps réel les bases de données des administrations fiscales de tous les États membres. Un numéro de TVA français valide commence toujours par "FR" suivi de 11 caractères. L'administration française permet également une vérification directe sur impots.gouv.fr.

Déclarations et paiements

Par défaut, les entreprises étrangères immatriculées à la TVA en France déposent des déclarations CA3 mensuelles. Un régime trimestriel est possible si la TVA annuellement due est inférieure à 4 000 €. Les grandes entreprises avec des montants importants peuvent être soumises à un régime d'acomptes mensuels. Le choix de la périodicité est défini lors de l'immatriculation et peut être modifié sur demande. Notre équipe dépose ces déclarations en votre nom dans les délais requis.

Les déclarations TVA en France sont obligatoirement dématérialisées pour les entreprises assujetties à la TVA. Deux modes sont disponibles : l'EDI (Échange de Données Informatisé), utilisé par les représentants fiscaux et cabinets comptables via des logiciels partenaires agréés ; et l'EFI (Échange de Formulaires Informatisé), via l'espace professionnel de impots.gouv.fr. Comme représentant fiscal agréé, Fiscal Partner dépose toutes les déclarations de ses clients par EDI, garantissant fiabilité et traçabilité.

En cas de retard de dépôt de la déclaration TVA, l'administration française applique : une majoration de 10% du montant de la TVA due (portée à 40% en cas de défaillance répétée ou de mauvaise foi, et 80% en cas de fraude), des intérêts de retard au taux de 0,20% par mois (soit 2,4%/an), et une amende minimale de 200 €. En cas d'absence totale de déclaration, une taxation d'office peut être émise. Ces pénalités s'appliquent également si la déclaration est déposée mais sans paiement.

La DEB (Déclaration d'Échanges de Biens), rebaptisée Intrastat depuis 2022, est une déclaration statistique obligatoire pour les entreprises qui effectuent des échanges de marchandises avec d'autres pays de l'Union européenne. Elle concerne les introductions (arrivées) et les expéditions (départs) de biens. En France, le seuil de déclaration est de 460 000 € pour les introductions et de 460 000 € pour les expéditions à partir de 2024. Cette déclaration est distincte de la CA3 TVA et doit être déposée mensuellement auprès des douanes françaises.

Oui. Une déclaration TVA peut être rectifiée dans les conditions fixées par l'article L. 176 du Livre des Procédures Fiscales. Si la correction va en faveur du contribuable (rectification à la baisse de la TVA due ou augmentation de la TVA déductible), la demande est traitée comme une réclamation contentieuse. Si la correction révèle un complément de TVA à payer, le contribuable doit déposer une déclaration rectificative et acquitter la TVA supplémentaire, avec des intérêts de retard mais sans pénalités en cas de régularisation spontanée.

En principe, oui. Le fait générateur de la TVA sur les livraisons de biens est la livraison elle-même, indépendamment du paiement. La TVA est donc exigible même si la facture n'a pas été réglée par le client. Cependant, une exception existe pour les prestations de services continues dont la TVA n'est exigible qu'à l'encaissement. En cas d'impayé définitif (client en liquidation judiciaire), une régularisation (récupération de la TVA sur créance irrécouvrable) peut être effectuée selon les modalités de l'article 272 du CGI.

En 2026, la France applique quatre taux de TVA : le taux normal de 20% (applicable à la majorité des biens et services), le taux intermédiaire de 10% (restauration, travaux de rénovation, transports de voyageurs, médicaments non remboursables), le taux réduit de 5,5% (produits alimentaires, livres, équipements pour handicapés, énergies renouvelables) et le taux particulier de 2,1% (médicaments remboursables par la Sécurité sociale, presse, spectacles vivants). Consultez le BOFiP pour la liste complète des produits et services par taux.

Oui, plusieurs régimes spéciaux peuvent s'appliquer aux non-résidents : (1) l'OSS (One Stop Shop) pour les ventes B2C de biens et services numériques dans l'UE, (2) l'IOSS (Import One Stop Shop) pour les ventes à distance de biens importés de valeur inférieure à 150 €, (3) la procédure de remboursement 8e directive (pour les entreprises UE) ou 13e directive (pour les entreprises hors UE), permettant de récupérer la TVA sans être immatriculé en France. Ces régimes ne dispensent pas de l'obligation d'immatriculation lorsque l'entreprise réalise des opérations locales (livraisons locales, importations avec dédouanement en France).

Remboursements TVA

Deux voies s'offrent aux entreprises étrangères pour récupérer la TVA française : (1) Si l'entreprise est immatriculée à la TVA en France, elle déduit la TVA sur ses achats dans sa déclaration CA3 et demande le remboursement du crédit via une demande de remboursement de crédit de TVA. (2) Si l'entreprise n'est pas immatriculée en France et ne réalise que des achats taxés en France, elle peut utiliser la procédure de remboursement de la 8e directive (entreprises UE) ou de la 13e directive (entreprises hors UE). Notre page remboursement TVA France détaille l'ensemble de la procédure.

Pour les entreprises immatriculées en France, le délai légal de remboursement d'un crédit de TVA est de 30 jours à compter de la demande. En pratique, les délais peuvent s'étendre à 2 à 4 mois selon la complexité du dossier et la charge du SIEE. Pour les remboursements via la 8e directive (entreprises UE), le délai légal est de 4 mois maximum (porté à 8 mois si l'administration demande des pièces complémentaires). Pour la 13e directive (hors UE), le délai peut atteindre 6 mois. Les intérêts moratoires courent au bénéfice du contribuable en cas de dépassement de ces délais.

La 8e directive TVA (aujourd'hui codifiée dans la directive 2008/9/CE) permet aux entreprises établies dans un autre État membre de l'UE de récupérer la TVA payée dans un État membre où elles ne sont pas établies, via une procédure dématérialisée sur le portail de leur propre administration fiscale. La 13e directive TVA (directive 86/560/CEE) s'applique aux entreprises établies hors de l'UE. Elle prévoit une procédure de remboursement sous conditions de réciprocité : la France ne rembourse aux entreprises d'un pays tiers que si ce pays accorde des conditions similaires aux entreprises françaises. Le mécanisme de la 13e directive est moins automatique et soumis à plus de conditions.

Oui. Pour les demandes de remboursement sur l'année civile entière, le montant minimum est de 50 € pour la 8e directive et de 200 € pour la 13e directive. Pour les demandes portant sur une période intermédiaire (trimestre ou semestre), le seuil est de 400 € pour la 8e directive. Ces montants minimaux visent à éviter les demandes de remboursement pour des montants insignifiants qui généreraient une charge administrative disproportionnée. En dessous de ces seuils, la demande ne peut être présentée qu'en fin d'année civile.

Oui, sous conditions. Les frais de déplacement professionnel engagés en France (hôtels, restaurants, transports) ouvrent droit au remboursement de la TVA, à condition que ces dépenses soient directement liées à une activité économique et que la TVA française soit correctement facturée. Cependant, des restrictions s'appliquent : les frais de restaurant ne sont remboursables qu'à hauteur de 50% pour certaines catégories, et les frais de véhicule de tourisme sont soumis à des exclusions spécifiques. Une demande via la 8e ou la 13e directive permet de récupérer cette TVA sans immatriculation préalable.

Sanctions et régularisation

L'absence de déclaration TVA en France expose à des sanctions graduées : (1) Une taxation d'office de la TVA présumée due, avec une majoration de 40% minimum. (2) Des intérêts de retard à 2,4%/an calculés depuis la date d'exigibilité. (3) Une amende de 750 € par infraction constatée. (4) La possibilité d'une mise en cause de la responsabilité pénale du représentant légal en cas de fraude caractérisée. (5) La mise en cause solidaire du client français pour le paiement de la TVA non reversée (art. 283-1 CGI). En cas de contrôle, l'administration peut remonter sur 3 ans (6 ans en cas de fraude).

La régularisation spontanée d'une situation de non-conformité TVA est toujours préférable à une découverte lors d'un contrôle fiscal. La démarche comprend : (1) Désigner un représentant fiscal accrédité (obligatoire pour les entreprises hors UE). (2) Soumettre un dossier d'immatriculation TVA rétroactive auprès du SIEE ou de la DINR. (3) Reconstituer les déclarations CA3 manquantes avec les montants de TVA collectée et déductible. (4) Régler la TVA due, assortie des intérêts de retard. La régularisation spontanée permet généralement d'obtenir une remise totale ou partielle des pénalités. Fiscal Partner dispose d'un service dédié de mise en conformité.

Oui. L'article L. 247 du Livre des Procédures Fiscales prévoit la possibilité de solliciter une remise gracieuse des pénalités TVA (majorations et amendes, mais pas des intérêts de retard ni de la taxe principale). Cette demande est adressée au directeur des finances publiques compétent et doit être motivée par des circonstances particulières (premier manquement, bonne foi démontrée, difficultés financières temporaires, régularisation spontanée…). Le taux de succès de ces demandes dépend fortement du profil de la demande et de la qualité du dossier présenté. Notre équipe vous accompagne dans cette démarche.

Le délai de reprise en matière de TVA est en principe de 3 ans : l'administration peut contrôler et redresser la TVA des 3 années civiles précédant l'année du contrôle. Ce délai est porté à 6 ans en cas d'agissements frauduleux ou de manœuvres dolosives (dissimulation, faux en écriture…). En cas d'activité occulte non déclarée, le délai de reprise est porté à 10 ans à compter de l'année au titre de laquelle la taxe est due. Pour les groupes internationaux exposés à des litiges complexes, ces délais peuvent être suspendus par des actes d'instruction ou des réclamations contentieuses.

Oui, dans certains cas. L'article 283-1 du CGI prévoit la responsabilité solidaire du client assujetti établi en France lorsque le fournisseur étranger n'a pas rempli ses obligations TVA. Cette responsabilité solidaire signifie que le fisc peut exiger le paiement de la TVA due directement du client français si le fournisseur étranger ne la reverse pas. C'est l'une des raisons pour lesquelles les acheteurs professionnels français vérifient systématiquement le numéro de TVA de leurs fournisseurs étrangers avant tout paiement. La désignation d'un représentant fiscal régulier protège à la fois le fournisseur et son client.

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Jean-Marc Ferretti - Expert fiscalité internationale

Jean-Marc Ferretti

Expert en fiscalité internationale et représentation TVA

22 ans d'expérience · Ancien fonctionnaire DINR · Expert-comptable diplômé · Conférencier CCI Paris. Auteur de cette FAQ et des guides pratiques Fiscal Partner.

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Sources : impots.gouv.fr · BOFiP TVA · CGI art. 256 et s., 272, 283-1, 289A — LPF art. L.176, L.247
Dernière mise à jour : Février 2027

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